Prévention des Risques Psychosociaux : évolutions pour les entreprises - Suite à la loi du 2 août 2021 et son décret d'application du 25 avril 2022
Après l’évolution des Médecines du Travail en Services de Santé au Travail (SST), intégrant la notion de santé mentale à celle d’intégrité physique (2005), une nouvelle évolution fait place à la prévention primaire. Les SST deviennent SPSTI ou Services de Prévention et de Santé au Travail Interentreprises, renouvelant leur mission centrale « d’éviter l’altération de la santé des travailleurs du fait de leur travail ».
Et l’objectif majeur pour l’entreprise est de « disposer d’une évaluation des risques professionnels de son activité et d’être accompagnée pour réduire ces risques ». Autrement dit, il s’agit d’accroître le partenariat entreprise / SPSTI pour une meilleure santé au travail des travailleurs, par des moyens humains, techniques, réglementaires et organisationnels.
Parmi l’ensemble des risques professionnels identifiés (risques bruit – éclairage, TMS, risque chimique, ergonomie, RPS, risque physique, organisation du travail), les RPS ou Risques psychosociaux sont les plus difficiles à appréhender, évaluer, mesurer et corriger, car ils mettent en lumière la dimension psychologique, son interaction avec les situations de travail dégradées et son exacerbation des autres risques professionnels.
Ce qui évolue pour la prévention des RPS :
1. Davantage de cadre réglementaire spécifique : Pour exemple, la révision de la définition du Harcèlement Sexuel en entreprise ;
2. Une reconnaissance accrue de ces risques méconnus et de leurs conséquences sur la santé des travailleurs :
3. L’opportunité de développer des actions pertinentes et pérennes :
4. L’accès développé aux préventeurs spécialisés :
5. La mise en valeur de la prévention primaire :
Le décret d’application* précise que les SPSTI doivent privilégier la prévention primaire. Quand il s’agit des RPS, les 3 niveaux de prévention (primaire, secondaire et tertiaire) se déclinent dans une démarche commune nécessitant une coordination pertinente des objectifs et actions spécifiques de chaque niveau :
Conclusion
C’est en faisant de la prévention primaire RPS qu’on accède à une démarche saine et intelligente de Qualité de Vie au Travail, loin des clichés et des actions « camouflage » quant à la santé de l’entreprise et de sa ressource humaine, principale richesse du système économique & sociale considéré : « la QVT désigne et regroupe sous un même intitulé les actions qui permettent de concilier, à la fois, l’amélioration des conditions de travail pour les salariés, et la performance globale des entreprises, d’autant plus quand les organisations se transforment. De ce fait, la question du travail fait partie intégrante des objectifs stratégiques de l’entreprise et doit être prise en compte dans son fonctionnement quotidien afin, notamment, d’anticiper les conséquences des mutations économiques. » (Accord 2013 sur la QVT et l’égalité professionnelle)
Christine Vincensini, CV OPTIMUM
| Index |
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| Les RPS sont définis comme des risques pour la santé mentale, physique et sociale, engendrés par les conditions d’emploi et les facteurs organisationnels et relationnels susceptibles d’interagir avec le fonctionnement mental. L’ensemble des RPS proviennent de la rencontre entre individu(s) et situations de travail dégradée : stress professionnel, épuisement professionnel ou burnout, violences internes (agressivité et harcèlement moral voire sexuel) ou externes (agression). |
| Les IPRP sont habilités par la Dreets et encadrés réglementairement d’après la L.4644-1. |
| Décret d’application du 25 avril 2022 portant sur l’offre socle des services des SPSTI. |